BVES

Bureau pour le Volontariat au service de l'Enfance et de la Santé

Depuis la création du BVES en 1992 jusque fin 2010,

  • 66 571 enfants (20 972 filles soit 31,5%) ont été aidés (enfants des rues, filles domestiques, orphelins de guerre, victimes d’exploitation sexuelle, etc…)
  • 4 538 enfants soldats (201 filles soit 4%) ont été sortis des forces et groupes armés
  • 4 715 enfants (2 368 filles soit 50%) non accompagnés ont été accueillis
  • 28 900 enfants (15 895 filles soit 55%) déscolarisés ou non scolarisés ont été réinsérés à l’école (formelle et non formelle)

Témoignages

F. S.
17 ans – originaire de Mukuija/Kalehe – ESFGA au CTO-BVES depuis avril 2010

« A tous ceux qui peuvent avoir un bon cœur pour nous :

Aidez-nous, nous les enfants soldats qui sommes en train de quitter l’armée et aussi, aidez toute la population. Qu’on nous amène la Paix ! Parce que s’il n’y a pas la Paix, nous avons toujours le risque de re-rentrer dans l’armée et pourtant, dans l’armée, il n’y a rien !

Comme nous avons eu la chance de quitter l’armée, maintenant, nous voudrions étudier!

Qu’on ne nous oublie pas, qu’on nous envoie parfois des visiteurs pour voir comment nous sommes chez nous ; comme vous nous avez envoyé Nadège (volontaire belge) parce que ça nous aide à avoir la paix ici et qu’ils peuvent faire passer nos messages chez vous.

Nous voulons la paix parce que nous avons beaucoup souffert. Aidez-nous pour que nous puissions oublier toutes ces souffrances de l’armée et vivre mieux. »

M. K.
17 ans – originaire de l’île d’Idjwi – ESFGA au CTO-BVES depuis avril 2010

« Je suis allé jusqu’en 2ème secondaire et jusque là, je faisais beaucoup de bêtises et ne comprenais pas les conseils. J’étais un enfant turbulent !

A 13 ans, je suis allé à Goma, dans le Nord-Kivu, pour rendre visite à mon grand frère. Je me promenais pour voir comment on cultivait et c’est là que je me suis fait enlever par le CNDP (Congrès National pour la Défense du Peuple). Une voiture de militaires m’a arrêté et m’a demandé ma carte d’identité ou d’élève mais je ne l’avais pas. Alors, ils m’ont ligoté, mis dans la voiture et emmené jusqu’à Kichanga , leur camp militaire. Là, ils m’ont jeté dans un trou où ils m’ont laissé pendant 2 mois. Ensuite, on m’a sorti pour me questionner : je devais choisir entre mourir ou travailler pour eux ! On m’avait laissé 2 heures de réflexion (avec eau et nourriture). Je me suis dit que si je refusais, j’allai mourir parce qu’il n’y avait personne pour m’aider ou prévenir ma famille alors que si je travaillais, j’arriverais bien à trouver une solution un jour.

J’ai donc accepté et travaillé avec courage (pour accepter cette vie de peine). On m’a appris comment manier une arme, comment saluer les militaires,… Et j’ai été nommé escorte du Major K. J’ai commencé à prendre le tabac et le chanvre parce que mes amis dans le camp m’ont dit que ça allait m’aider à ne pas trop penser à ma famille… J’ai été l’escorte du Major en 2007 et 2008. En 2009, le Major a été nommé Colonel et j’ai continué à être son escorte. En 2009 toujours, le CNDP et les FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) signent le contrat Kimia 2 (le Président veut la Paix) et je travaille alors pour les FARDC au Sud-Kivu, toujours pour le même colonel dans le groupe 3ème zone OS. Le Colonel devient alors Commandant de zone OS (c’est lui qui est chargé des opérations au Sud-Kivu) et me garde toujours comme escorte.

Le 6 avril 2010, la MONUC me sort de l’armée et m’amène au CTO-BVES. Je vois cela comme une grâce de Dieu.

J’arrête la tabac, le chanvre et l’alcool pour vivre dans la grâce et être toujours libre dans ma vie (et pour bien réfléchir).

Depuis 2 mois (mon arrivée au CTO - on est aujourd’hui le 26 avril 2010), je recommence ma vie à zéro pour être quelqu’un de bien et aider ma famille.

Si j’en ai l’occasion, je voudrais étudier le droit à l’université pour aider mon pays et la population à ne plus souffrir parce qu’ici, il y a beaucoup de désordre.

Je voudrais remercier
- Papa directeur Murhabazi qui m’a prodigué des bons conseils, notamment pour réparer ma vie et pour faire des projets, et qui m’a expliqué comment quitter l’ignorance vers la connaissance.
- Nadège (volontaire belge) qui m’a consolé à chaque instant, m’a montré comment changer mon caractère et m’a aussi expliqué pourquoi fumer ce n’est pas bien. Elle m’a aidé à me sentir bien et à penser vers l’avenir (plus vers le passé).
- Le BVES qui m’a aidé pour ma scolarité, à recommencer mes études et à savoir comment faire des photographies (cours de Nadège) qui vont peut-être me permettre d’aider ma famille qui est pauvre et de faire scolariser mes petits frères. »